Les îles de la Baie flottent à une trentaine de kilomètres de la côte nord du Honduras, alignées d'ouest en est : Utila la petite et plate, Roatán la grande et vivante, Guanaja l'isolée et sauvage. Toutes trois s'accrochent au récif mésoaméricain, qui court du Mexique au Honduras et reste le deuxième plus grand récif barrière au monde. Ici, pas besoin de longues traversées : le récif frangeant borde les côtes et le tombant plonge dans le bleu à portée de palanquée, ce qui rend la région aussi confortable pour un baptême que pour un plongeur confirmé venu chercher les grands murs.
Roatán concentre l'infrastructure et la vie de surface, autour de West End et West Bay. Ses tombants du nord tombent net dès la sortie du platier, et le sud, plus abrité, prend le relais quand les vents de nord d'hiver, les « nortes », lèvent le clapot. C'est là aussi que se trouve l'un des sites signature de la région, Mary's Place, une faille volcanique tapissée de gorgones que l'on parcourt en passages étroits, et le fameux plongée requins de « Cara a Cara », face à face avec une bande de requins de récif des Caraïbes.
Utila, elle, vit pour la plongée et le budget. Une poignée de rues, une douzaine de centres qui se tirent la bourre sur les prix, et une soixantaine de sites à quelques minutes du port. C'est ce qui en a fait, depuis des années, une étape mythique sur la route des routards en Amérique centrale : on y décroche son Open Water pour un prix qu'on ne retrouve presque nulle part ailleurs dans les Caraïbes. Guanaja, la plus à l'est, reste la plus confidentielle, cernée de récifs à quatre-vingt-dix pour cent, avec ses pinacles, ses tunnels de lave et l'épave du Jado Trader.
Une anecdote résume bien la place d'Utila dans le monde de la plongée : en 2008, l'île est devenue le seul endroit de la planète à disposer de relevés officiels de requins-baleines observés chaque mois de l'année. La même année, les règles de rencontre mises au point sur place par le centre de recherche local, le Whale Shark & Oceanic Research Center, ont été inscrites dans la loi hondurienne pour protéger l'animal. Autrement dit, ici, on n'a pas seulement la chance de croiser le plus grand poisson du monde : on a contribué à écrire la manière de l'approcher.