Paul's Wall
Un tombant vertical qui plonge à 250 mètres depuis la surface. Vertige garanti, coraux mous et éponges le long de la paroi.
NorvègeLa Norvège, c'est la plongée qu'on ne fait nulle part ailleurs : nager au tuba au milieu des orques qui chassent le hareng dans la nuit polaire, se laisser porter par le courant le plus puissant du monde, poser une palme sur des épaves de la Seconde Guerre mondiale. Rien de tropical ici. De l'eau froide, une combinaison étanche et des paysages sous-marins qui rivalisent avec les plus beaux récifs, à condition d'aimer le grand large et le mercure bas.
La Norvège s'étire sur plus de 1 700 kilomètres du Sud au Nord, avec un littoral de fjords parmi les plus découpés du monde. Le Gulf Stream réchauffe la côte et la garde largement libre de glace même au-delà du cercle polaire, tandis que les remontées d'eau froide et profonde nourrissent une vie marine dense. On plonge dans deux mondes distincts : le Grand Nord arctique autour de Tromsø, Skjervøy, Narvik et des Lofoten, royaume des baleines, des épaves de guerre et des laminaires ; et la côte Ouest des fjords, autour de Gulen et Bergen, terre d'épaves, de tombants et de nudibranches.
Tout a basculé à l'hiver 2017. Le hareng, qui hivernait jusque-là au large de Tromsø, a soudain migré plus au nord, vers le Lyngenfjord. Les orques ont suivi, et depuis elles reviennent chaque hiver, apparaissant selon les années à Andfjord, Senja, Kvaløya, Kaldfjord, Skjervøy ou Alta. La télémétrie a montré que certains mâles suivis parcouraient de 300 à plus de 7 600 kilomètres en quelques mois pour ne pas lâcher les bancs. Aucune saison ne se ressemble : certaines années, le hareng dévie sa route, sans doute à cause du réchauffement, et les orques se font rares. On ne garantit rien dans ces eaux, et c'est ce qui rend l'attente si intense.
Le passé militaire dort aussi sous la surface. Le 12 novembre 1944, trente-deux bombardiers Lancaster britanniques armés de bombes Tallboy de cinq tonnes attaquent le Tirpitz, sœur du Bismarck et plus lourd cuirassé jamais construit en Europe, mouillé près de Håkøya à Tromsø. Touché trois fois, il chavire et coule en onze minutes, emportant entre 950 et 1 200 marins. L'épave fut partiellement renflouée entre 1948 et 1957, et une partie de son blindage fut même revendue à l'administration routière norvégienne. Plus au nord, à Narvik, gisent les destroyers coulés lors des batailles navales d'avril 1940. Un vrai cimetière sous-marin, dont plusieurs épaves restent interdites : munitions non explosées, ou statut de sépulture de guerre.
L'hiver, de novembre à janvier, c'est la saison des cétacés dans le Grand Nord : orques et baleines à bosse suivent le hareng jusque dans les fjords. Paradoxe heureux, c'est aussi la période où l'eau est la plus claire au Nord, d'octobre à avril, sans le voile de plancton de la belle saison. En contrepartie, le froid mord, les journées sont très courtes voire inexistantes en pleine nuit polaire, et la mer se creuse. On observe les baleines au tuba, jamais en bouteille.
L'été, de mai à septembre, offre l'eau la moins froide, jusqu'à 12 à 15 degrés en surface, le soleil de minuit et de longues journées : c'est le moment idéal pour les épaves de Gulen et de Narvik, les tombants et les laminaires. Le printemps, de mars à mai, réserve le pic des nudibranches sur la côte Ouest et l'arrivée du skrei, la morue migratrice, vers les Lofoten. Pour Saltstraumen, on plonge toute l'année, mais on cale sa fenêtre autour du premier ou du dernier quartier de lune, quand l'étale dure assez longtemps pour une plongée sereine.
Célèbre pour ses chants complexes et ses sauts spectaculaires hors de l'eau. Elle parcourt des milliers de kilomètres lors de ses migrations annuelles.
Le plus grand des delphinidés, prédateur suprême des océans. Vit en groupes familiaux matriarcaux avec des dialectes vocaux propres à chaque clan.
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Le hub de plongée nordique par excellence, sur la côte Ouest près de Bergen. On y plonge fjords et épaves depuis plus de vingt ans : une vingtaine d'épaves dont le Frankenwald, des tombants comme Paul's Wall qui descend à 250 mètres, des forêts de laminaires, des coraux mous et une diversité de nudibranches exceptionnelle, jusqu'à 85 espèces recensées.
Voir sur la carteUn cimetière d'épaves de la Seconde Guerre mondiale au fond de l'Ofotfjord, avec plus de dix navires coulés lors des batailles de 1940, dont plusieurs restent interdits. Tout près, les Lofoten offrent une eau froide et claire, des forêts de laminaires sauvages, des loups de mer suivis par des caméras de recherche, de la morue et du flétan.
Voir sur la cartePrès de Bodø, le courant de marée le plus puissant du monde : jusqu'à 400 millions de mètres cubes d'eau franchissent un détroit de 150 mètres de large toutes les six heures, formant des maelströms de plusieurs mètres de diamètre. Plongée dérivante réservée aux plongeurs étanche confirmés, uniquement à l'étale, sur des murs tapissés d'anémones blanches et orange, d'éponges et de laminaires.
Voir sur la carteLe cœur arctique. De novembre à janvier, les fjords autour de Skjervøy, au nord de Tromsø, deviennent le théâtre d'un des spectacles prédateur-proie les plus fiables de l'Atlantique Nord : des milliards de harengs y hivernent, suivis par des centaines d'orques, des baleines à bosse et des petits rorquals. On les approche au tuba, en étanche, dans la lumière rasante du jour polaire.
Voir sur la carteNager au tuba au milieu des orques et des baleines à bosse qui chassent le hareng, de novembre à janvier. Une signature mondiale, dans le froid et la lumière basse de l'Arctique.
Voir sur la cartePlongée dérivante dans le courant le plus fort du monde, à l'étale seulement. Murs d'anémones, vie foisonnante et sensation de vol au ras de la roche.
Voir sur la carteCargo allemand de 122 mètres, dressé par 44 mètres de fond, élu meilleure épave de Norvège. Plongée technique qui demande plusieurs immersions pour en faire le tour.
Voir sur la carteUn tombant vertical qui plonge à 250 mètres depuis la surface. Vertige garanti, coraux mous et éponges le long de la paroi.
Anton Schmitt, Diether von Roeder et Wilhelm Heidkamp, coulés en 1940, reposent entre 12 et 24 mètres. Bien conservés et accessibles aux plongeurs loisir.
Voir sur la carteLa plus grande épave du port de Narvik, 143 mètres de long, entre 14 et 28 mètres de fond. De quoi explorer longuement sans se presser.
Voir sur la carteCe qu'il reste du cuirassé allemand coulé le 12 novembre 1944. Zone protégée et sépulture de guerre : plongée sur autorisation spéciale uniquement, accès du bord.
Voir sur la carteÀ Ballstad, dans les Lofoten, du kelp sauvage et des loups de mer suivis par des chercheurs. On plonge à la lampe rouge, sans lumière blanche vive, pour ne pas perturber leurs œufs.
Voir sur la carteOn entre par trois portes : Tromsø au Nord pour les orques et Skjervøy, Bodø pour Saltstraumen et les Lofoten, Bergen à l'Ouest pour Gulen. La combinaison étanche est indispensable partout et toute l'année, l'eau oscillant entre 2 et 15 degrés. Gants, cagoule et sous-vêtement chaud vont de soi. Saltstraumen exige une certification étanche bien maîtrisée, un niveau avancé recommandé, un guide local et une plongée à l'étale uniquement : c'est le courant de marée le plus puissant du monde, jusqu'à une vingtaine de nœuds, on ne s'y aventure pas à la légère.
Côté baleines, les directives nationales NorWhale encadrent le snorkeling avec les orques en hiver et déconseillent la plongée bouteille, l'apnée et la nage libre : les bulles font fuir les orques, et l'on ne s'approche pas à moins d'une trentaine de mètres à la nage. Attention, ce sont des directives largement volontaires, pas une loi contraignante ; les opérateurs sérieux comme Whale2Sea ou Lofoten Opplevelser les appliquent, à vous de les choisir en conséquence. Les brevets internationaux, PADI, SSI ou CMAS, sont reconnus ; prévoyez une preuve d'expérience en eau froide.
Le caisson hyperbare de référence nationale se trouve à l'hôpital universitaire Haukeland, à Bergen. Dans le Grand Nord, l'évacuation peut être longue et sortir de la fenêtre thérapeutique utile, donc on plonge avec une marge de sécurité confortable et une assurance plongée type DAN. Les tarifs restent élevés : comptez de 2 000 à 3 500 couronnes pour la location d'un équipement froid, et plusieurs dizaines de milliers de couronnes pour une expédition orques de quelques jours. Les sorties à la journée depuis Skjervøy reviennent nettement moins cher ; contactez directement les opérateurs pour les prix à jour.
Non, on les approche au tuba. Les directives nationales NorWhale déconseillent la plongée bouteille, l'apnée et la nage libre avec les orques : les bulles les effraient et les font fuir. On observe donc en surface, en combinaison étanche, à bonne distance.
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