Plongée aux Îles Marshall
Plongée

Plonger aux Îles Marshall

Il existe un seul endroit au monde où l'on peut plonger sur un porte-avions entier, et c'est ici. Au fond du lagon de Bikini repose la flotte fantôme coulée par les essais nucléaires de l'opération Crossroads en 1946 : l'USS Saratoga, le seul porte-avions plongeable de la planète, le cuirassé japonais Nagato depuis lequel l'amiral Yamamoto ordonna l'attaque de Pearl Harbor, le sous-marin USS Apogon, le vieux dreadnought USS Arkansas. À Kwajalein, le croiseur allemand Prinz Eugen achève sa carrière la coque retournée. Nous sommes loin de tout, sur des épaves profondes qui exigent la plongée technique : ce n'est pas une destination pour tout le monde, mais pour ceux qui y accèdent, c'est l'un des plus grands musées sous-marins du monde.

USS SaratogaCuirassé NagatoUSS ApogonUSS ArkansasFlotte de CrossroadsPrinz EugenRequins gris de récif
Points forts

Pourquoi plonger aux Îles Marshall ?

  • L'USS Saratoga, porte-avions de 270 mètres et 43 000 tonnes coulé environ sept heures et demie après le tir Baker, est le seul porte-avions plongeable au monde ; on y parcourt le pont d'envol, l'îlot et les hangars où dorment encore avions et munitions.
  • Le cuirassé japonais HIJMS Nagato, plus de 32 000 tonnes, poste de commandement depuis lequel l'amiral Yamamoto ordonna l'attaque de Pearl Harbor en 1941, gît la quille en l'air par une cinquantaine de mètres au fond du lagon de Bikini.
  • Le dreadnought USS Arkansas, lancé en 1912 et long d'environ 170 mètres, repose renversé sur le sable vers 55 mètres près du point de détonation du tir Baker, l'une des épaves les plus profondes de l'atoll.
  • L'USS Apogon, sous-marin de la classe Balao envoyé par le fond lors du tir Baker, se tient posé bien droit vers 48 mètres, seule silhouette de submersible plongeable dans le lagon de Bikini.
  • À l'atoll de Kwajalein, le croiseur lourd allemand Prinz Eugen, rescapé de la guerre puis des essais de Bikini, chavira le 22 décembre 1946 près de l'îlot d'Enubuj ; sa coque retournée s'explore de 5 à 36 mètres, une hélice affleurant presque la surface.
  • Les lagons de Majuro, la capitale, et de l'atoll voisin d'Arno offrent des récifs coralliens vivants, des tombants et une faune tropicale classique, plongées de récupération plus légères entre deux journées d'épaves profondes.
Présentation

Plonger aux Îles Marshall : l'essentiel

Les Îles Marshall forment un chapelet de vingt-neuf atolls et cinq îles isolées, perdus au beau milieu du Pacifique central, à mi-chemin entre Hawaï et l'Australie. C'est cet éloignement extrême qui a scellé leur destin : après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis y ont choisi le lagon de Bikini pour tester leurs armes atomiques. En juillet 1946, l'opération Crossroads y aligna une flotte cible de navires de guerre capturés ou déclassés, puis fit exploser deux bombes, le tir aérien Able et le tir sous-marin Baker. Plusieurs bâtiments coulèrent, et ils reposent aujourd'hui presque intacts au fond du lagon, figés dans l'instant.

La pièce maîtresse est l'USS Saratoga. Long de 270 mètres pour 43 000 tonnes, ce fut l'un des premiers porte-avions construits comme tels par l'US Navy ; il sombra environ sept heures et demie après le tir Baker. C'est le seul porte-avions au monde que l'on peut plonger, et l'on progresse le long de son pont d'envol, de son îlot, de ses hangars où dorment encore avions et bombes. Non loin repose le HIJMS Nagato, cuirassé japonais de plus de 32 000 tonnes, poste de commandement depuis lequel l'amiral Yamamoto dirigea en 1941 l'attaque de Pearl Harbor : il gît la quille en l'air par une cinquantaine de mètres. S'ajoutent le vieux dreadnought USS Arkansas, retourné sur le sable vers 55 mètres, et le sous-marin USS Apogon, posé bien droit vers 48 mètres, seul submersible plongeable de Bikini.

Ce patrimoine a un prix : la profondeur et l'isolement. La plupart de ces épaves reposent entre 45 et 55 mètres, ce qui impose des plongées à décompression, souvent au trimix, réservées à des plongeurs techniques confirmés et rompus aux environnements sous plafond. Bikini ne se rejoint qu'en croisière-plongée, l'atoll n'étant plus habité que par une poignée de gardiens. Le caisson de recompression et les secours médicaux les plus proches se comptent en dizaines d'heures de trajet : on plonge ici avec une marge de sécurité et une autonomie que peu de destinations exigent. Sur le plan radiologique, les campagnes de mesure du Département de l'énergie américain concluent que l'environnement sous-marin ne présente pas de danger pour une visite de plongée.

Bikini n'a pas le monopole des épaves. À l'atoll de Kwajalein, l'un des plus vastes lagons du monde, repose le Prinz Eugen, croiseur lourd allemand rescapé de la guerre puis des essais de Bikini, qui chavira le 22 décembre 1946 près de l'îlot d'Enubuj ; sa coque retournée démarre vers 5 mètres et descend jusqu'à 36 mètres, l'une de ses hélices affleurant presque la surface. En 2018, une opération a pompé des centaines de milliers de litres de fioul de sa carcasse pour écarter le risque de marée noire. Enfin, pour qui veut souffler entre deux plongées profondes, les lagons de Majuro, la capitale, et de l'atoll voisin d'Arno offrent des récifs coralliens vivants, des tombants et une faune tropicale classique dans une eau chaude toute l'année.

Conditions mensuelles

Visibilité (m)

30Jan
30Fév
35Mar
35Avr
35Mai
35Juin
35Juil
35Août
40Sep
40Oct
35Nov
30Déc

Précipitations (mm)

90Jan
70Fév
80Mar
110Avr
150Mai
180Juin
190Juil
200Août
200Sep
220Oct
180Nov
120Déc
Quand partir

Quand plonger aux Îles Marshall ?

La fenêtre utile est dictée par les croisières : les liveaboards desservent Bikini de mai à octobre, avant de rallier Truk pour la seconde partie de l'année. Cette période correspond à la saison la plus sèche et la plus régulière, avec des conditions plus prévisibles et une bonne visibilité dans le lagon, souvent de l'ordre de trente à quarante mètres sur les épaves. La température de l'eau ne bouge quasiment pas : elle reste comprise entre 27 et 29 degrés d'un bout à l'autre de l'année, si bien que le confort thermique n'est jamais un souci.

Entre décembre et mars, les alizés soufflent plus fort et le lagon peut être agité, mais l'essentiel des expéditions ne programme de toute façon pas Bikini à cette période. Kwajalein et les récifs de Majuro et d'Arno se plongent, eux, toute l'année. Comme partout dans le Pacifique central, mieux vaut réserver longtemps à l'avance : les places sur les rares bateaux qui accèdent à Bikini partent très tôt.

Vie marine

Faune marine observable

Cliquez sur une photo pour l'agrandir, ou sur le nom pour ouvrir la fiche de référence.

JFMAMJJASOND
Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Thon à nageoires jaunesThunnus albacaresFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Requin pointe noireCarcharhinus melanopterus
Peu commun
Requin gris de récifCarcharhinus amblyrhynchosFiche DORIS FFESSM
Commun
Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
Commun
Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
Commun
Requin pointe blanche de récifTriaenodon obesus
Commun
Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
Commun
Murène javanaiseGymnothorax javanicusFiche DORIS FFESSM
Commun
Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
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Thon à nageoires jaunesThunnus albacaresFiche DORIS FFESSM
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Requin pointe noireCarcharhinus melanopterus
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Requin gris de récifCarcharhinus amblyrhynchosFiche DORIS FFESSM
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Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
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Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
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Requin pointe blanche de récifTriaenodon obesus
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Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
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Sites célèbres

Sites de plongée célèbres aux Îles Marshall

USS Saratoga

Atoll de Bikini

Le seul porte-avions plongeable au monde, 270 mètres et 43 000 tonnes, coulé environ sept heures et demie après le tir Baker. On parcourt le pont d'envol, l'îlot et les hangars, où reposent encore avions et munitions. Épave technique majeure, à décompression.

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HIJMS Nagato

Atoll de Bikini

Le cuirassé japonais de plus de 32 000 tonnes depuis lequel l'amiral Yamamoto ordonna l'attaque de Pearl Harbor en 1941. Il gît la quille en l'air par une cinquantaine de mètres, tourelles et arbres d'hélice apparents. Plongée profonde emblématique de Bikini.

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USS Arkansas

Atoll de Bikini

Dreadnought de la classe Wyoming lancé en 1912, environ 170 mètres, reposant vers 55 mètres, renversé sur le sable près du point de détonation du tir Baker. Une des épaves les plus profondes de l'atoll, réservée aux plongeurs techniques aguerris.

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USS Apogon

Atoll de Bikini

Sous-marin de la classe Balao envoyé par le fond lors du tir Baker, aujourd'hui posé bien droit vers 48 mètres. C'est le seul sous-marin plongeable de Bikini, silhouette intacte et évocatrice sur le fond sableux du lagon.

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Prinz Eugen

Atoll de Kwajalein

Croiseur lourd allemand de 212 mètres, rescapé de la guerre puis des essais de Bikini, chaviré le 22 décembre 1946 près d'Enubuj. Sa coque retournée s'explore de 5 à 36 mètres, une hélice affleurant presque la surface. L'épave la plus accessible de l'archipel.

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Récifs de Majuro

Majuro et Arno

Autour de la capitale, tombants et jardins de corail dans une eau chaude et claire toute l'année. Faune tropicale classique, requins de récif et tortues, pour des plongées loisir accessibles, idéales en récupération entre deux journées d'épaves.

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Lagon d'Arno

Majuro et Arno

L'atoll voisin de Majuro, moins fréquenté, aligne récifs sains, passes et fonds coralliens colorés. Une plongée tranquille et authentique, bon complément aux sites d'épaves du nord de l'archipel.

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Infos pratiques

Organiser sa plongée aux Îles Marshall

On rejoint les Îles Marshall par Majuro, la capitale, ou par la base de Kwajalein, via Guam ou Honolulu sur la desserte aérienne du Pacifique. Bikini elle-même ne se plonge qu'en croisière-plongée : les bateaux appareillent en général pour des expéditions d'une dizaine de jours, la traversée jusqu'à l'atoll étant longue. L'atoll n'ayant plus de population permanente, tout est autonome à bord, et la logistique doit être bouclée bien à l'avance.

Bikini n'est pas une destination pour plongeur loisir. Les épaves reposant majoritairement entre 45 et 55 mètres, une certification technique adaptée à ces profondeurs est exigée, avec expérience de la décompression, du trimix et des pénétrations d'épave. Prévoyez votre propre matériel technique et vos gaz selon le protocole de l'opérateur. À l'inverse, le Prinz Eugen de Kwajalein reste accessible à un bon plongeur loisir de niveau avancé sur sa partie haute, et les récifs de Majuro et d'Arno conviennent à tous les niveaux.

Le point à ne jamais sous-estimer, c'est l'isolement. Le caisson de recompression et une prise en charge médicale sérieuse se trouvent à un ou deux jours de mer et d'avion : la moindre urgence devient une affaire lourde. On plonge donc conservateur, avec des marges généreuses, une assurance plongée couvrant explicitement la plongée technique et l'évacuation, et un profond respect des consignes de bord. C'est le prix d'accès à l'un des sites d'épaves les plus extraordinaires de la planète.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la plongée aux Îles Marshall

Oui. L'USS Saratoga, coulé lors des essais nucléaires de 1946, est le seul porte-avions au monde que l'on peut plonger. Long de 270 mètres, il repose dans le lagon de Bikini et l'on explore son pont d'envol, son îlot et ses hangars, où subsistent encore des avions et des munitions. C'est l'épave phare de la destination.