Plongée en Antarctique
Plongée

Plonger en Antarctique

Plonger en Antarctique n'a rien d'une destination, c'est une expédition. On se met à l'eau depuis un zodiac, sous des icebergs échoués et le long de murs qui s'enfoncent dans le noir, par une eau qui frôle le point de congélation. C'est réservé aux plongeurs aguerris en combinaison étanche, et c'est l'un des seuls endroits au monde où l'on partage la colonne d'eau avec les léopards de mer, les phoques de Weddell et les manchots.

Plongée sous les icebergs échoués de la péninsuleLéopards de mer et phoques de WeddellManchots qui filent sous la surfaceCaldeira volcanique de l'Île de la DéceptionÉpave du baleinier Guvernøren, coulé en 1915Isopodes géants et forêts de kelpMurs verticaux du détroit de GerlacheUne eau à peine au-dessus du point de congélation
Points forts

Pourquoi plonger en Antarctique ?

  • La grande rencontre reste le léopard de mer, prédateur de trois mètres apex de son écosystème : les guides évaluent chaque animal avant la mise à l'eau, et on l'observe avec respect, dans une eau qui frôle le point de congélation.
  • Au « cimetière d'icebergs » de Pléneau et Petermann, juste au sud du chenal Lemaire, plonger le long d'un iceberg échoué figure sur bien des listes de rêve, un exercice délicat car les blocs bougent et fondent en permanence.
  • Dans la baie Wilhelmina repose le Guvernøren, baleinier norvégien qui a pris feu et coulé en 1915, si remarquablement conservé par le froid polaire qu'on le lit comme un livre ouvert, dans un secteur réputé pour ses baleines à bosse.
  • À l'Île de la Déception, les navires pénètrent par une passe étroite dans la caldeira d'un volcan encore actif : sur la plage de Whalers Bay, l'activité géothermale réchauffe le sable quand l'eau reste glaciale, au milieu d'une ancienne station baleinière.
  • Nichée dans le détroit d'Errera, l'Île Cuverville abrite une grande colonie de manchots papous au-dessus d'un mur qui plonge à plus de cent mètres, sur un fond jonché d'ossements de baleines et parcouru d'isopodes géants.
Présentation

Plonger en Antarctique : l'essentiel

L'Antarctique n'appartient à personne et ne se rejoint qu'en bateau. Presque toute la plongée se concentre sur la péninsule Antarctique, ce doigt de terre qui remonte vers l'Amérique du Sud, et sur les îles Shetland du Sud qui la gardent au nord. On y accède après avoir traversé le passage de Drake au départ d'Ushuaia, deux jours de mer qui donnent soit le « Drake Lake », plat comme une mare, soit le « Drake Shake » qui vous cloue à la couchette. Une fois sur place, la journée se règle sur la glace et le vent, jamais l'inverse.

Sous l'eau, tout est affaire de froid et de patience. La température tourne autour de zéro et descend jusqu'à moins deux le long des icebergs, là où l'eau douce de fonte se mélange à la mer. On plonge en combinaison étanche, gants secs et détendeur eau froide, rarement plus profond que vingt mètres et rarement plus de trente à quarante minutes, parce que les mains finissent par ne plus répondre. La visibilité oscille entre six mètres quand le plancton explose et une bonne quinzaine, parfois vingt, en eau claire. Le décor, lui, ne ressemble à rien d'autre, murs jonchés d'ossements de baleines, forêts de kelp dans les baies abritées, isopodes géants qui rampent au fond comme d'énormes cloportes, et cette lumière bleu-vert qui tombe à travers la glace.

La vraie rencontre, c'est le léopard de mer. En 2006, le photographe Paul Nicklen part le documenter pour National Geographic, près de la péninsule. Une énorme femelle l'approche et, pendant quatre jours, lui apporte des manchots, vivants, morts, à demi mangés, qu'elle pousse vers son objectif comme pour le nourrir. De plus en plus dépitée qu'il n'attrape rien, elle finit par lui lâcher un manchot sur la tête. Le prédateur que l'on peignait en monstre s'était révélé pédagogue. C'est cette Antarctique-là que l'on vient chercher, celle qui vous regarde autant que vous la regardez, et qui impose le respect.

Plus au nord, l'Île de la Déception est la caldeira d'un volcan encore actif, un cirque en fer à cheval dans lequel les navires entrent par une passe étroite. Sur la plage de Whalers Bay, l'activité géothermale réchauffe le sable pendant que l'eau reste glaciale à quelques mètres, au milieu des vestiges d'une ancienne station baleinière. Dans la baie Wilhelmina repose le Guvernøren, un baleinier norvégien qui a pris feu et coulé en 1915, si bien conservé par le froid qu'on le lit comme un livre ouvert.

Conditions mensuelles

Visibilité (m)

18Jan
16Fév
18Mar
8Avr
5Mai
5Juin
5Juil
5Août
8Sep
10Oct
12Nov
15Déc

Précipitations (mm)

15Jan
20Fév
25Mar
30Avr
30Mai
25Juin
25Juil
25Août
30Sep
30Oct
25Nov
20Déc
Quand partir

Quand plonger en Antarctique ?

La fenêtre est courte et sans discussion, novembre à mars, l'été austral. C'est la seule période où la banquise recule assez pour naviguer, où le jour dure jusqu'à vingt heures et où l'eau, sans jamais devenir tiède, cesse d'être totalement fermée. En dehors, d'avril à octobre, la mer se referme sous la glace et dans la nuit polaire, aucune expédition ne part.

À l'intérieur de la saison, chaque mois a sa couleur. Novembre offre les glaces les plus intactes et la neige encore fraîche, avec une faune en pleine parade. Janvier reste le plus clément, avec des journées interminables. Février et mars donnent l'eau la « moins froide » de l'année et le pic des baleines à bosse, en échange de journées qui commencent à raccourcir. Il n'y a pas de mauvais mois, seulement des compromis entre glace, faune et lumière.

Vie marine

Faune marine observable

  • Léopard de mer en Antarctique

    • Prof. max300 m
    • Long. max3,5 m
    • Longévité12-15 ans
    • HabitatCôtier

    Prédateur au sommet de la chaîne antarctique, long de près de trois mètres, à la gueule reptilienne. Redoutable chasseur de manchots, il se montre parfois étonnamment curieux face à un plongeur.

Cliquez sur une photo pour l'agrandir, ou sur le nom pour ouvrir la fiche de référence.

JFMAMJJASOND
OrqueOrcinus orcaFiche DORIS FFESSM
Rare
Léopard de merHydrurga leptonyxFiche DORIS FFESSM
Peu commun
OtarieOtariinaeFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Baleine à bosseMegaptera novaeangliaeFiche DORIS FFESSM
Commun
Phoque de WeddellLeptonychotes weddelliiFiche WoRMS
Commun
Manchot papouPygoscelis papua
Commun
OrqueOrcinus orcaFiche DORIS FFESSM
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Léopard de merHydrurga leptonyxFiche DORIS FFESSM
Peu commun
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OtarieOtariinaeFiche DORIS FFESSM
Peu commun
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Baleine à bosseMegaptera novaeangliaeFiche DORIS FFESSM
Commun
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Phoque de WeddellLeptonychotes weddelliiFiche WoRMS
Commun
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Manchot papouPygoscelis papua
Commun
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> 60%
30-60%
< 30%
Absent
Sites célèbres

Sites de plongée célèbres en Antarctique

Île Cuverville

Péninsule Antarctique

Nichée dans le détroit d'Errera, elle abrite une grande colonie de manchots papous. Côté est, un mur plonge à plus de cent mètres au-dessus d'un fond jonché d'ossements de baleines et parcouru d'isopodes géants.

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Paradise Harbour

Péninsule Antarctique

L'un des rares points de contact direct avec le continent. Des eaux calmes semées de glaces, souvent fréquentées par les baleines à bosse et les petits rorquals, avec des immersions au pied des glaciers.

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Île de la Déception, Whalers Bay

Shetland du Sud

La caldeira d'un volcan encore actif, dans laquelle les navires entrent par une passe étroite. Sur la plage, l'activité géothermale réchauffe le sable quand l'eau reste glaciale, au milieu des vestiges d'une ancienne station baleinière.

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Île Danco

Péninsule Antarctique

Une baie abritée où l'on croise phoques de Weddell et crabiers. Ses murs tapissés de kelp et d'invertébrés offrent une plongée plus douce, à l'abri de la dérive des glaces.

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Pléneau et Petermann

Péninsule Antarctique

Le « cimetière d'icebergs », juste au sud du chenal Lemaire. Plonger le long d'un iceberg échoué figure sur beaucoup de listes de rêve, mais reste délicat car les blocs bougent et fondent en permanence, et rien n'est jamais garanti.

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Baie Wilhelmina

Péninsule Antarctique

Le baleinier norvégien Guvernøren y repose depuis son incendie et son naufrage en 1915. Le froid polaire l'a remarquablement conservé, dans un secteur par ailleurs réputé pour ses baleines.

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Neko Harbour

Péninsule Antarctique

Un débarquement sur le continent lui-même, au pied d'un front glaciaire actif et d'une colonie de manchots papous. La glace vêle régulièrement, ce qui impose une vigilance constante en surface comme sous l'eau.

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Infos pratiques

Organiser sa plongée en Antarctique

On ne plonge pas l'Antarctique à la journée. On embarque à Ushuaia, à la pointe de l'Argentine, sur un navire d'expédition, pour une dizaine de jours dont deux de traversée à l'aller comme au retour. Certains itinéraires proposent une formule vol plus croisière depuis le Chili pour éviter le Drake, mais le principe reste le même, la plongée se fait par petits groupes de six au maximum par guide, une à deux fois par jour selon la météo et la glace, avec une plongée de vérification obligatoire dès l'arrivée.

Les prérequis ne sont pas négociables. Il faut au minimum un niveau Advanced Open Water, la spécialité étanche, et selon les opérateurs vingt à trente plongées en combinaison étanche déjà loguées, dont plusieurs en eau froide, la plupart réalisées dans l'année qui précède le voyage. Un certificat médical récent est exigé, ainsi qu'une assurance couvrant spécifiquement la plongée et l'évacuation polaire. Le matériel se prépare soi-même, étanche membrane, sous-vêtements chauds, gants secs, détendeurs anti-givrage, car un free-flow par moins deux degrés ne pardonne pas l'improvisation.

Il faut avoir la sécurité en tête à chaque instant. Le caisson hyperbare le plus proche est à des jours de mer, l'évacuation lente et incertaine, si bien que l'on plonge volontairement peu profond, sans palier, avec de grosses marges. Le froid, le givrage, la dérive et la chute de glace pèsent plus lourd que le courant, et les léopards de mer se respectent sans jamais se provoquer. Enfin, c'est cher, comptez plusieurs milliers d'euros pour la croisière plus un supplément plongée, et réservez douze à dix-huit mois à l'avance tant les places sont rares.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la plongée en Antarctique

Non, pas au sens d'un plongeur loisir occasionnel. C'est de la plongée d'expédition polaire, qui suppose un niveau confirmé, une certification étanche et plusieurs dizaines de plongées en eau froide déjà réalisées et loguées. Il faut être parfaitement à l'aise avec son matériel avant même d'embarquer, car ce n'est ni le lieu ni le moment pour apprendre.