Oui, c'est une destination d'expert. Il faut maîtriser la combinaison étanche et disposer d'une solide expérience en eau froide, de l'ordre de trente plongées étanches au minimum. Comme le résument les guides locaux, si vous n'êtes pas déjà un plongeur aguerri au froid, le Groenland n'est pas l'endroit pour commencer.
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Plonger au Groenland
Le Groenland n'est pas une destination plongée, c'est une expédition. On y descend en combinaison étanche dans une eau qui frôle le point de congélation, au pied d'icebergs vêlés par la calotte glaciaire, dans des fjords où l'infrastructure touristique s'arrête au bord de l'eau. La récompense est unique : longer une paroi de glace bleue dont neuf dixièmes de la masse restent immergés, dériver dans une visibilité qui dépasse parfois trente mètres, traverser un halocline là où l'eau douce du glacier se mêle à la mer. Réservé aux plongeurs aguerris au froid, ce terrain se mérite et ne pardonne pas l'improvisation.
Pourquoi plonger au Groenland ?
- Au front d'Ilulissat, dans la baie de Disko, on longe la masse immergée des icebergs vêlés par le fjord glacé, parois de glace bleue, cavernes et voûtes dont neuf dixièmes restent cachés sous la surface.
- Moteur du fjord glacé classé à l'UNESCO en 2004, le glacier Sermeq Kujalleq avance de vingt à trente-cinq mètres par jour et libère à lui seul plus de dix pour cent de la glace vêlée par tout le Groenland, matière première des icebergs que l'on plonge.
- Fantôme des eaux arctiques, le requin du Groenland peut vivre plusieurs siècles, le plus vieux individu daté autour de trois cent quatre-vingt-douze ans ; ce squale des grands fonds reste un mythe qui se raconte bien plus qu'il ne se croise en plongée.
- Près des glaciers et des icebergs, l'eau douce de fonte se superpose à l'eau de mer salée et forme un halocline qui brouille d'un coup la visibilité et bouscule la flottabilité, un phénomène propre à ces eaux glaciaires qu'il faut savoir anticiper.
- Autour de Kulusuk et de Tasiilaq, sur la côte est, quelques opérateurs proposent la plongée sous glace hivernale, recherchée pour la lumière qui ondule sous la banquise, entre icebergs d'un bleu profond, tunnels et cavernes scintillantes.
Plonger au Groenland : l'essentiel
Plus grande île du monde, le Groenland est couvert à quatre-vingts pour cent par une calotte glaciaire ; toute la plongée se concentre sur l'étroite frange côtière libre de glace. Deux fronts se détachent : à l'ouest, la baie de Disko et Ilulissat, cœur historique de la plongée sur iceberg, à deux cent cinquante kilomètres au nord du cercle polaire ; à l'est, la région d'Ammassalik autour de Tasiilaq et l'immense Scoresby Sund, atteints par avion via Kulusuk. Ici, on ne plonge pas sur un récif mais sur l'interface entre un glacier, un iceberg et une forêt de laminaires battue par le froid.
Le glacier Sermeq Kujalleq, qui alimente le fjord glacé d'Ilulissat, avance de vingt à trente-cinq mètres par jour et libère chaque année des milliards de tonnes de glace. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2004, ce fjord produit à lui seul plus de dix pour cent de la glace vêlée par tout le Groenland. Les icebergs qui en sortent dominent la surface d'environ quatre-vingt-dix mètres, une paroi vertigineuse dont l'essentiel reste caché sous l'eau, et c'est précisément cette masse immergée que le plongeur vient longer.
Une légende hante ces eaux sans qu'on la croise presque jamais : le requin du Groenland. En 2016, une étude publiée dans la revue Science a daté ses cristallins au carbone 14 et conclu à une longévité de plusieurs siècles, le plus grand individu mesuré, environ cinq mètres, ayant vécu autour de trois cent quatre-vingt-douze ans, avec une maturité sexuelle atteinte seulement vers cent cinquante ans. C'est le plus vieux vertébré connu. Mais ce squale des profondeurs, qui descend jusqu'à deux mille mètres et nage à moins de trois kilomètres par heure, reste un mythe pour le plongeur : sa présence se raconte, elle ne se planifie pas.
Conditions mensuelles
Visibilité (m)
Précipitations (mm)
Quand plonger au Groenland ?
La règle à comprendre avant tout : la température de l'eau ne change quasiment pas d'une saison à l'autre, elle reste toujours proche du point de congélation. Ce n'est donc pas la chaleur qui commande le calendrier, mais la glace, l'accès en bateau et la lumière. La fenêtre principale s'ouvre de juin à septembre, quand les fjords se dégagent, que le jour ne se couche presque plus et que les icebergs sont les plus nombreux dans la baie de Disko.
Le printemps et l'hiver ouvrent une autre porte, plus confidentielle : la plongée sous glace, proposée par quelques opérateurs de la côte est autour de Tasiilaq et Kulusuk, recherchée pour la lumière qui ondule sous la banquise. Les mois exacts varient selon les structures et les conditions de glace, à confirmer au cas par cas ; ce n'est en aucun cas une activité d'initiation.
Faune marine observable
Requin du Groenland au Groenland
- Prof. max2200 m
- Long. max5 m
- Longévitéjusqu'à ~400 ans
- HabitatProfondeur
Requin lent et énigmatique des eaux glacées de l'Arctique, vivant à grande profondeur. Il est presque impossible à croiser en plongée, ce qui nourrit sa légende.
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Zones de plongée au Groenland
Baie de Disko / Ilulissat
Le cœur historique de la plongée sur iceberg, à l'embouchure du fjord glacé d'Ilulissat classé à l'UNESCO. On y longe la masse immergée des icebergs vêlés par le glacier Sermeq Kujalleq, ainsi que des forêts de laminaires et quelques épaves vers Sisimiut. La plupart des sorties se font en liveaboard de plusieurs jours.
Voir sur la carteFjords de Tasiilaq
Cavernes de glace et lagons abrités du système d'Ammassalik, où l'on croise phoques et, avec beaucoup de chance, des baleines de passage.
Voir sur la carteForêts de laminaires des fjords
Tombants et fonds rocheux tapissés d'algues d'un mètre de long, abris du loup de mer, de la morue, du lompe et des concombres de mer, présents sur les deux côtes.
Voir sur la carteFront d'Ilulissat, baie de Disko
Plongée le long des icebergs échoués ou dérivants nés du fjord glacé : parois de glace bleue, cavernes et voûtes, dont l'essentiel de la masse reste sous la surface.
Voir sur la carteScoresby Sund
Le plus vaste et le plus profond réseau de fjords au monde, sur la côte est, accessible uniquement en expédition à bord d'un navire polaire. Les icebergs y dominent la surface de près de quatre-vingt-dix mètres, dans un décor d'une échelle démesurée.
Voir sur la carteSites de plongée célèbres au Groenland
Front d'Ilulissat, baie de Disko
Plongée le long des icebergs échoués ou dérivants nés du fjord glacé : parois de glace bleue, cavernes et voûtes, dont l'essentiel de la masse reste sous la surface.
Voir sur la carteÉpaves et icebergs de Sisimiut
Combinaison d'épaves et de plongées sur icebergs sur le circuit liveaboard de la côte ouest, en eau claire et glaciale.
Voir sur la carteIcebergs bleus de Kulusuk
Icebergs d'un bleu profond, tunnels et cavernes scintillantes signature de la côte est, avec possibilité de plongée sous glace en hiver.
Voir sur la carteRed Island, Scoresby Sund
Icebergs échoués qui roulent et se fracturent, remplissant l'eau d'éclats de glace : un site aussi spectaculaire que dangereux, réservé à l'expédition encadrée.
Voir sur la carteForêts de laminaires des fjords
Tombants et fonds rocheux tapissés d'algues d'un mètre de long, abris du loup de mer, de la morue, du lompe et des concombres de mer, présents sur les deux côtes.
Voir sur la carteFjords de Tasiilaq
Cavernes de glace et lagons abrités du système d'Ammassalik, où l'on croise phoques et, avec beaucoup de chance, des baleines de passage.
Voir sur la carteOrganiser sa plongée au Groenland
On rejoint le Groenland via Copenhague ou Reykjavik. À l'ouest, Kangerlussuaq sert de porte d'entrée avant un vol intérieur vers Ilulissat ; à l'est, on transite par Kulusuk puis par bateau ou hélicoptère jusqu'à Tasiilaq. La plongée se pratique presque exclusivement en expédition ou en liveaboard, sur des bateaux affrétés plusieurs jours et certifiés par l'autorité maritime danoise. Il n'existe pas de centre de plongée classique comme sous les tropiques : les opérateurs cités sont Sirius Greenland, Arctic Excursions, Tunu Explorers ou des affréteurs polaires.
Les prérequis sont sérieux : combinaison étanche obligatoire, détendeurs adaptés au froid extrême, redondance de gaz, excellent contrôle de la flottabilité et expérience confirmée en eau froide, de l'ordre de trente plongées étanches au minimum selon les opérateurs. Point capital sur la sécurité : il n'existe aucun caisson hyperbare civil au Groenland ; le plus proche se trouve en Islande, à environ deux heures d'avion, et les secours peuvent être à des heures voire des jours. Une assurance plongée couvrant l'évacuation médicale, type DAN, n'est pas optionnelle. Les icebergs, enfin, sont instables : ils se retournent, se fracturent et vêlent sans prévenir, imposant distances de sécurité et encadrement expert.
Questions fréquentes sur la plongée au Groenland
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