Épave du Jibacoa
L'une des épaves du parc de Punta Francés, à explorer parmi les nombreux vestiges qui parsèment cette côte. Décor idéal pour la photographie sous-marine sur fond de paroi.
CubaCuba, c'est la Caraïbe telle qu'elle était il y a cinquante ans. La plus grande île des Antilles garde ses plus beaux fonds au sud et à l'ouest, loin des foules : les Jardines de la Reina, réserve marine quasi vierge où l'on croise plus de requins qu'ailleurs dans les Caraïbes, la Baie des Cochons et ses tombants à quelques mètres du bord, María la Gorda et ses murs de corail noir, l'archipel de la Isla de la Juventud et ses parois vertigineuses. Eau chaude, visibilité franche, mérous géants et, pour qui a de la chance, un crocodile américain qui vient se laisser observer dans la mangrove.
Cuba s'étire sur plus de 1 200 kilomètres d'ouest en est, la plus grande île de la Caraïbe, cernée d'une couronne de récifs qui démarrent souvent tout près du rivage. Les meilleurs fonds se concentrent au sud et à l'ouest : l'archipel isolé des Jardines de la Reina au sud, les tombants du bord de la Baie des Cochons au centre-sud, María la Gorda sur la lointaine péninsule de Guanahacabibes à l'extrême ouest, et le parc marin de Punta Francés au large de la Isla de la Juventud. Eau chaude toute l'année, entre 24 degrés l'hiver et 30 l'été, et une visibilité qui va de 20 à plus de 40 mètres selon les sites.
Les Jardines de la Reina sont l'histoire d'une protection tenace. Fidel Castro, qui aimait y chasser au fusil sous-marin, en fit d'abord un secteur fermé à la pêche commerciale dans les années 1970. La zone est ensuite classée réserve marine sans prélèvement en 1996, puis parc national en 2010. Résultat mesuré par les scientifiques : la biomasse de poissons a nettement augmenté et les populations de requins y sont environ dix fois plus denses qu'à l'extérieur du parc. On plonge ici comme dans une machine à remonter le temps.
L'autre signature du lieu tient en un nom : « Niño ». Au fil des années, les guides ont apprivoisé quelques crocodiles américains résidents des chenaux de mangrove. Ils lancent « Niño, Niño ! » et, si l'heure et l'humeur s'y prêtent, l'animal vient nager vers l'embarcation. On l'observe alors en apnée, dans une eau peu profonde tapissée d'herbiers, mangrove en toile de fond. Le crocodile américain est d'ordinaire craintif, mais pas dans les Jardins de la Reine.
De décembre à avril, c'est la saison sèche et le meilleur compromis : mer plate, visibilité au top et pas de cyclones. Les requins de récif et les requins soyeux, eux, sont là toute l'année dans les Jardines de la Reina, où l'on peut se retrouver entouré d'une trentaine de soyeux près de la surface. Pour la grosse faune saisonnière, on vise l'été : le frai des mérous goliath rassemble les colosses de juillet à septembre, et les requins-baleines passent de juillet à novembre, également repérés du côté de María la Gorda entre août et novembre.
Le revers, c'est la météo. L'été est chaud, humide et venteux, et la saison cyclonique s'étend de juin à novembre, avec un maximum de tempêtes en septembre et octobre. Certains opérateurs allègent alors leur calendrier. En clair : la belle plongée tranquille se joue en hiver, les grands rendez-vous animaliers en été, avec l'œil rivé sur les prévisions.
Crocodile marin des Caraïbes, plus discret et moins agressif que sa réputation. Dans les mangroves des Jardins de la Reine, à Cuba, quelques individus habitués offrent des rencontres encadrées inoubliables.
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Le site historique du débarquement de 1961 est aussi la plongée la plus accessible de Cuba : un tombant de corail qui démarre à quelques mètres du rivage, si bien que l'essentiel se plonge du bord. Une douzaine de sites entre 3 et 40 mètres, dont le cénote englouti de Cueva de los Peces. Parfait pour débuter, avec du plus engagé pour les confirmés.
Voir sur la carteLe parc marin de Punta Francés, à environ une heure et demie de bateau de la pointe sud-ouest de l'île. Plus de cinquante sites le long d'une bande de côte de 6 kilomètres : parois abruptes, drop-offs, grottes, tunnels et épaves comme le Jibacoa. Le paradis du tombant, avec une belle visibilité et des courants faciles, dont le célèbre mur de corail noir vers 30 mètres.
Voir sur la carteUn archipel de plus de 250 îlots de corail et de mangrove, à environ 80 kilomètres au sud de Cuba, sur près de 2 170 kilomètres carrés. L'une des plus vastes réserves marines des Caraïbes, et parmi les plus intactes. Accès en croisière uniquement, au départ de Júcaro, avec un opérateur unique. Requins en abondance, mérous goliath géants et snorkeling avec le crocodile américain de la mangrove.
Voir sur la carteUne plage de sable blanc isolée sur la péninsule de Guanahacabibes, à l'extrême ouest, à environ quatre heures et demie de route de La Havane. Une cinquantaine de sites le long d'un mur proche du bord, criblé de grottes et de tunnels, avec de grandes gorgones et de denses colonies de corail noir. Requins-baleines signalés d'août à novembre, visibilité jusqu'à plus de 40 mètres.
Voir sur la carteEn bordure de plateau continental, on peut se retrouver entouré d'une trentaine de requins soyeux, souvent près de la surface, tandis que les requins de récif patrouillent le tombant. La plongée requins signature de Cuba.
Voir sur la carteUne zone d'eau peu profonde sur herbiers, au fond des chenaux de mangrove, où l'on observe en apnée le crocodile américain apprivoisé par les guides. Rencontre en snorkeling uniquement, jamais en bouteille.
Voir sur la carteUn cénote-gouffre inondé de plus de 70 mètres de profondeur, relié à la mer par des tunnels. Mélange d'eau douce et d'eau salée, barracudas, langoustes et murènes. Plongée technique réservée aux plongeurs expérimentés.
Voir sur la carteUne plongée du bord facile et lumineuse dans la Baie des Cochons : pente récifale, vestiges de matériel et excellente visibilité. Idéale pour se remettre en confiance ou débuter.
Voir sur la carteDe longues parois de corail à María la Gorda, où alternent grandes gorgones colorées et colonies de corail noir. Un mur proche du rivage, ponctué de grottes et de tunnels.
Voir sur la carteLe mur de corail noir de Punta Francés, vers 30 mètres, sur une paroi qui plonge dans le bleu. Topographie spectaculaire et courants faciles, un régal pour les amateurs de tombant.
Voir sur la carteL'une des épaves du parc de Punta Francés, à explorer parmi les nombreux vestiges qui parsèment cette côte. Décor idéal pour la photographie sous-marine sur fond de paroi.
Les colosses de près de 180 kilos, spectaculaires toute l'année et rassemblés en frai de juillet à septembre. On les croise le long des reliefs récifaux, indifférents aux plongeurs.
Voir sur la carteOn arrive par La Havane. Pour les Jardines de la Reina, il faut ensuite rejoindre par la route le petit port de Júcaro, dans la province de Ciego de Ávila, puis embarquer : l'accès se fait uniquement en croisière-plongée, aucune sortie à la journée n'est possible depuis la côte. Le parc est géré par un opérateur unique sous licence gouvernementale, avec un quota annuel volontairement bas, de l'ordre de mille à deux mille plongeurs et pêcheurs selon les sources. Les croisières durent en général six nuits, au départ le samedi, et coûtent autour de 3 950 à 4 540 euros la semaine. La Baie des Cochons, elle, se plonge du bord à petit budget, à environ deux heures et demie de route de La Havane.
Côté niveau, la Baie des Cochons convient aux débutants avec ses tombants accessibles depuis la plage, tandis que les plongées requins des Jardines et le cénote de Cueva de los Peces, profond et en partie confiné, demandent de l'expérience. Le nitrox est courant sur les bateaux de croisière. Point de vigilance important : je n'ai pas pu confirmer l'existence d'un caisson hyperbare à proximité des Jardins de la Reina. Vu l'isolement du secteur, une évacuation serait longue ; on plonge donc avec une marge de sécurité confortable et une assurance plongée type DAN.
Dernier point pour les voyageurs américains : les États-Unis appliquent des restrictions de voyage vers Cuba, sans tourisme simple et avec des contraintes de paiement et d'assurance liées à l'embargo. Ces règles évoluent au gré des administrations, il faut donc vérifier la réglementation OFAC en vigueur au moment de réserver, sans jamais la considérer comme figée.
De décembre à avril, en saison sèche : mer calme, meilleure visibilité et pas de cyclones. L'été offre l'eau la plus chaude et les grands rendez-vous animaliers, requins-baleines et frai des mérous goliath, mais c'est aussi la saison cyclonique, de juin à novembre.
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