Honnêtement, non sans un risque sérieux. Le pays est en guerre civile depuis avril 2023 et les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie déconseillent formellement tout voyage. Quelques croisières sont encore proposées au départ de Port-Soudan, mais l'aéroport peut fermer sans préavis et la situation reste dangereuse. Vérifiez les avis officiels de votre gouvernement avant toute décision.
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Plonger au Soudan
Le Soudan garde l'une des mers Rouges les plus sauvages et les moins fréquentées de la planète. Ici, pas de station balnéaire ni de plongée du bord : on embarque à Port-Soudan pour une croisière de sept à quatorze nuits, seul moyen d'atteindre les récifs offshore qui jaillissent de l'abysse. Marteaux en bancs, requins gris en escadrille, l'épave mythique de l'Umbria et le village sous-marin de Cousteau à Sha'ab Rumi en font un rêve de plongeur confirmé. Un rêve aujourd'hui suspendu : le pays est en guerre civile et le voyage y est officiellement déconseillé.
Pourquoi plonger au Soudan ?
- Le plateau de Sha'ab Rumi Sud est la plongée signature du Soudan : calé dans le courant, on attend dans le bleu le défilé des requins-marteaux halicornes, escortés de requins gris et à pointes blanches, surtout de février à mai.
- Sur le récif de Sha'ab Rumi subsiste Précontinent II, le village sous-marin installé par Cousteau en 1963 : dès une dizaine de mètres, le hangar bombé de la soucoupe plongeante, toujours rempli d'air, et la cage à requins racontent l'histoire de la plongée.
- Couché sur bâbord entre 5 et 38 mètres sur Wingate Reef, l'Umbria, cargo italien de 155 mètres sabordé le 10 juin 1940, garde des cales intactes remplies de milliers de bombes, de ciment et de trois Fiat 1100, l'une des plus belles épaves du monde.
- Angarosh, « la mère des requins » en langue locale, surgit de l'abysse balayé par un courant puissant : les marteaux halicornes s'y rassemblent parfois par cinquantaine, accompagnés de requins gris, à pointes blanches et, plus rarement, tigres.
- Vitrine du pays, l'atoll de Sanganeb classé à l'UNESCO déroule à sa pointe sud-ouest un plateau battu par le courant qui attire requins gris, marteaux, barracudas et carangues au-dessus de jardins de coraux durs superbes, signalés par un phare en surface.
Plonger au Soudan : l'essentiel
Le littoral soudanais court sur près de 750 kilomètres, mais la plongée se joue au large, sur un chapelet de récifs, d'atolls et de pitons isolés qui montent de plusieurs centaines de mètres de fond, parfois à des dizaines de kilomètres de la côte. C'est cette géographie qui explique tout : une eau chaude, salée et limpide, des courants soutenus qui attisent la vie pélagique, et surtout des coraux d'une santé rare parce que presque personne ne les plonge. L'atoll de Sanganeb, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, en est la vitrine.
Le grand rendez-vous, c'est le requin. Sur les plateaux exposés comme la pointe sud de Sha'ab Rumi ou le récif d'Angarosh, que les pêcheurs surnomment « la mère des requins », les marteaux halicornes défilent en bancs qui peuvent dépasser la cinquantaine d'individus, escortés de requins gris de récif, de requins à pointes blanches et, l'été, de requins soyeux. Il faut savoir descendre tôt, se caler dans le courant et attendre dans le bleu : rien n'est garanti, mais peu d'endroits au monde offrent une telle densité.
L'histoire ajoute deux monuments à ce décor. En 1963, le commandant Cousteau installe Précontinent II sur le récif de Sha'ab Rumi : six océanautes vivent trente jours à dix mètres de fond dans une maison en forme d'étoile de mer, tandis que deux hommes tiennent une semaine à trente mètres dans la « cabine profonde ». Le film qu'il en tire, « Le Monde sans soleil », remporte l'Oscar du meilleur documentaire en 1965. Aujourd'hui encore, le hangar bombé de la soucoupe plongeante repose sur le récif, toujours rempli d'air et pénétrable, entouré de la cage à requins et des structures rongées par le corail.
L'autre légende gît sur Wingate Reef, au large de Port-Soudan. Le 10 juin 1940, le cargo italien Umbria, arraisonné par les Britanniques et chargé de six mille tonnes de bombes, de ciment et de trois Fiat 1100, apprend par radio l'entrée en guerre de l'Italie. Son capitaine, Lorenzo Muiesan, obtient l'autorisation d'un exercice d'évacuation et saborde discrètement son navire pour que la cargaison ne tombe pas aux mains de l'ennemi. Couché sur bâbord entre 5 et 38 mètres, l'Umbria a gardé ses cales intactes : c'est l'une des plus belles plongées épaves du monde.
Conditions mensuelles
Visibilité (m)
Précipitations (mm)
Quand plonger au Soudan ?
Les croisières se déroulent d'octobre à juillet. La meilleure visibilité, souvent de 25 à 35 mètres, tombe entre février et mai, quand la mer est la plus calme et l'eau autour de 26 °C. C'est aussi la fenêtre reine pour les marteaux, qui se rassemblent en bancs de février à mai sur les récifs du nord et à Sha'ab Rumi. Les amateurs de raies mantas viseront plutôt la fin de saison, d'août à novembre.
L'été, de juillet à septembre, l'eau grimpe jusqu'à 31 °C et l'air dépasse les 40 °C à Port-Soudan : la chaleur en surface devient éprouvante. En hiver, de novembre à février, le vent de nord-est lève parfois un clapot qui rend la navigation moins confortable. Dans tous les cas, les courants restent la signature du Soudan : modérés dans les lagons, ils peuvent être forts, voire descendants, sur les pointes exposées.
Faune marine observable
Requin-marteau au Soudan
- Prof. max500 m
- Long. max4,3 m
- Longévité20-30 ans
- HabitatPélagique
Reconnaissable à sa tête en forme de marteau qui lui confère une vision à 360°. Se déplace souvent en bancs impressionnants de centaines d'individus.
- Requin-tigre
- Requin-marteau
- Raie manta
- Thon à nageoires jaunes
- Requin océanique
- Requin soyeux
- Requin gris de récif
- Tortue verte
- Tortue imbriquée
- Napoléon
- Grand barracuda
- Poisson-perroquet
- Mérou oriflamme
- Murène javanaise
Cliquez sur une photo pour l'agrandir, ou sur le nom pour ouvrir la fiche de référence.
Autres espèces courantes de la région
- Langouste peinte
- Hippocampe de Jayakar
- Poulpe de récif
- Poisson-lion de l'océan Indien
- Poisson-clown à deux bandes
- Chirurgien strié
- Crevette nettoyeuse
- Étoile de mer couronne d'épines
- Anthias
- Labre nettoyeur
- Baliste titan
- Poisson-coffre jaune
- Poisson-ange empereur
- Poisson-cocher de mer Rouge
- Poisson-papillon de mer Rouge
- Demoiselle de mer Rouge
- Chirurgien sohal
- Chirurgien à queue jaune
- Baliste Picasso arabe
Zones de plongée au Soudan
Deep South et archipel de Souakin
Au sud, autour de Souakin, s'étendent des récifs largement inexplorés où se rassemblent en grand nombre marteaux, requins soyeux, gris et tigres. Une plongée d'expédition, sur des routes de dix à quatorze nuits, pour plongeurs très expérimentés.
Voir sur la carteRécifs du Deep South
Pitons et hauts-fonds à peine cartographiés autour de Souakin, où se croisent marteaux, requins soyeux, gris et tigres. Une plongée d'expédition pour les plus aguerris.
Voir sur la carteRécifs du Nord
Angarosh, Merlo, Sha'ab Jumna et les pitons voisins montent de l'abysse et prennent le courant de plein fouet. C'est le territoire des marteaux et des requins gris, atteint sur les itinéraires les plus longs. Des sites sauvages, réservés aux plongeurs aguerris.
Voir sur la carteSanganeb, Sha'ab Rumi et Port-Soudan
Le cœur historique et le plus visité : l'atoll de Sanganeb classé à l'UNESCO, l'épave de l'Umbria sur Wingate Reef au large du port, et Sha'ab Rumi à une trentaine de kilomètres au nord-est, avec les vestiges de Précontinent II. La meilleure épave, le site de Cousteau et un atoll d'exception réunis.
Voir sur la carteSites de plongée célèbres au Soudan
Sha'ab Rumi Sud
Le plateau signature du Soudan : une avancée qui plonge dans le bleu où patrouillent marteaux, requins gris, requins à pointes blanches et bancs de barracudas. On s'y cale dans le courant et l'on attend le défilé.
Voir sur la cartePrécontinent II (Sha'ab Rumi)
Le village sous la mer de Cousteau, installé en 1963. Dès une dizaine de mètres, le hangar bombé de la soucoupe plongeante, encore rempli d'air, la cage à requins et les structures coralligènes racontent une page unique de l'histoire de la plongée.
Voir sur la carteÉpave de l'Umbria (Wingate Reef)
Cargo italien de 155 mètres sabordé le 10 juin 1940, couché sur bâbord entre 5 et 38 mètres. Les cales renferment toujours des milliers de bombes intactes, du ciment, des bouteilles de vin et trois Fiat 1100. L'une des plus grandes épaves du monde.
Voir sur la carteSanganeb, pointe sud-ouest
L'angle sud-ouest de l'atoll : un plateau incliné battu par le courant qui attire requins gris, marteaux, barracudas et carangues, au-dessus de jardins de coraux durs superbes. Un phare signale l'atoll en surface.
Voir sur la carteAngarosh
« La mère des requins » en langue locale : un récif surgi de l'abysse, balayé par un courant puissant, où les marteaux se rassemblent parfois par cinquantaine, accompagnés de requins gris, à pointes blanches et, plus rarement, tigres.
Voir sur la carteSha'ab Jumna
L'un des deux meilleurs récifs à marteaux du Soudan : des bancs de plus de cinquante halicornes y sont rapportés en pleine saison, sur un tombant qui file dans le bleu.
Voir sur la carteMerlo Reef
Un chenal profond où passent les groupes de marteaux ; au palier intermédiaire, vers 25 à 30 mètres, des patates de corail abritent des requins gris qui rôdent dès que le courant s'installe.
Voir sur la carteQita el Banna
Récif-plateau riche et coloré, souvent programmé comme plongée d'acclimatation : belle vie récifale et premières rencontres de requins dans une eau claire.
Voir sur la carteRécifs du Deep South
Pitons et hauts-fonds à peine cartographiés autour de Souakin, où se croisent marteaux, requins soyeux, gris et tigres. Une plongée d'expédition pour les plus aguerris.
Voir sur la carteOrganiser sa plongée au Soudan
Avertissement de sécurité, à lire avant toute autre considération : le Soudan est plongé dans une guerre civile depuis avril 2023, opposant l'armée régulière aux Forces de soutien rapide. En 2026, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie maintiennent leur niveau d'alerte le plus élevé et déconseillent formellement tout voyage dans le pays. Port-Soudan, dans l'État de la mer Rouge, est relativement plus stable et concentre l'essentiel de la présence internationale, mais son aéroport a déjà été visé par des drones et peut fermer sans préavis. Des croisières restent commercialisées, mais s'y rendre demeure très risqué, et cette page décrit une destination dont l'accès est aujourd'hui officiellement proscrit.
Sur le plan logistique, l'accès se fait par l'aéroport de Port-Soudan, d'où appareillent les bateaux de croisière ; certains itinéraires plus longs relient l'Égypte. Il n'existe pratiquement aucune plongée depuis la terre : le Soudan se vit exclusivement en croisière, sur des routes Nord, Centre ou Deep South autour de Souakin. Le niveau attendu va de confirmé à expérimenté, avec une réelle aisance dans le courant et souvent un nombre minimal de plongées exigé.
La question médicale est cruciale tant l'endroit est isolé. Les caissons hyperbares sont rares et lointains, une évacuation pouvant signifier un long retour vers l'Égypte ; un seul bateau embarque, dit-on, un caisson à bord. Une assurance plongée spécifique couvrant le traitement en caisson et l'évacuation aérienne (type DAN ou DiveAssure) est désormais généralement obligatoire pour embarquer. Prévoyez aussi un forfait de l'ordre de 400 € par personne regroupant visa, enregistrement et taxes, et plongez de façon conservatrice.
Questions fréquentes sur la plongée au Soudan
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