Plongée aux Comores
Plongée

Plonger aux Comores

Les Comores sont l'un de ces noms qui font briller les yeux des passionnés, moins pour leurs sites que pour ce qu'elles abritent. C'est ici, sur les pentes volcaniques de Grande Comore, que vit le cœlacanthe, ce poisson préhistorique que l'on croyait disparu depuis soixante-dix millions d'années. On ne le voit pas en plongée, il se terre trop profond, mais sa seule présence donne à cet archipel du canal du Mozambique une aura à part. Autour, une plongée jeune et confidentielle se dessine sur des tombants de lave, dans le parc marin de Mohéli et au rythme des baleines à bosse qui viennent y mettre bas.

CœlacantheBanc VailheuParc marin de MohéliBaleines à bosseTortues vertesTombants de laveVolcan KarthalaDugongs de Mohéli
Points forts

Pourquoi plonger aux Comores ?

  • Les Comores sont la patrie du cœlacanthe, ce fossile vivant redécouvert en 1938 puis rattaché à l'archipel dès 1952 : il vit entre cent cinquante et sept cents mètres de fond, dans les grottes de lave des pentes de Grande Comore, protégé par un parc national qui porte son nom. On ne le croise jamais en plongée, mais il fait l'âme des lieux.
  • À une vingtaine de kilomètres au large de Grande Comore, le banc Vailheu est un volcan sous-marin dont le sommet remonte à une dizaine de mètres de la surface avant de plonger en tombant : requins-marteaux, requins à pointe blanche et thons y patrouillent, dans un site exposé aux courants réservé aux plongeurs expérimentés.
  • Premier parc marin du pays, créé en 2001 et classé réserve de biosphère de l'UNESCO, le parc national de Mohéli est l'un des plus grands sites de ponte de tortues vertes au monde, avec des récifs préservés, une petite population de dugongs et sept espèces de dauphins recensées.
  • Nées d'un volcanisme récent, les côtes comoriennes déroulent sous l'eau des coulées de lave figées, des tombants verticaux et des grottes, comme le plateau d'Itsandra qui glisse sur ses laves jusqu'à soixante-cinq mètres ou le mur de Mungania avec ses passages étroits et ses gorgones.
  • Chaque hiver austral, d'août à novembre, les baleines à bosse remontent le canal du Mozambique pour mettre bas dans les eaux chaudes de l'archipel : les mères et leurs baleineaux s'observent alors depuis les bateaux, l'un des grands rendez-vous de la saison sèche.
Présentation

Plonger aux Comores : l'essentiel

Les Comores forment un archipel de trois îles volcaniques posées au nord du canal du Mozambique, à mi-chemin entre le continent africain et Madagascar. L'Union des Comores réunit Grande Comore, la plus grande, dominée par le volcan actif du Karthala qui culmine à deux mille trois cent soixante et un mètres, Anjouan la montagneuse et Mohéli la petite, la plus sauvage. Mayotte, la quatrième île de l'archipel géographique, est française et forme une destination à part. Jeunes et volcaniques, ces îles offrent sous l'eau une topographie singulière : les récifs cèdent vite la place à des coulées de lave, des tombants abrupts et des grottes creusées dans la roche noire.

Si les Comores fascinent, c'est d'abord grâce à un poisson. En 1938, un cœlacanthe est pêché au large de l'Afrique du Sud et identifié par la conservatrice Marjorie Courtenay-Latimer : on tenait pour éteint depuis des dizaines de millions d'années ce cousin lointain des premiers vertébrés terrestres. La véritable population fut retrouvée aux Comores, un second spécimen étant capturé près d'Anjouan en 1952. Le cœlacanthe vit sur les pentes volcaniques de Grande Comore, entre cent cinquante et sept cents mètres de fond, à l'abri des grottes de lave le jour, en chasse la nuit. On estime qu'il n'en reste que trois à quatre cents individus, et le pays les protège au sein d'un parc national dédié. Aucun plongeur ne verra jamais ce fossile vivant, bien trop profond, mais sa présence explique l'aura de l'archipel et le soin porté à ses fonds.

La plongée de loisir, elle, est jeune et concentrée sur deux îles. À Grande Comore, autour de Moroni et de la plage d'Itsandra, on descend sur des plateaux coralliens qui basculent sur d'anciennes coulées de lave, on longe le mur de Mungania et l'on s'aventure, pour les plus aguerris, jusqu'au banc Vailheu, ce volcan sous-marin battu par les courants où rôdent les requins-marteaux. Mohéli, cœur du seul vrai parc marin du pays, offre les récifs les plus riches, des pinacles couverts de corail, une macrofaune exceptionnelle et des tortues vertes par milliers. Anjouan garde des récifs et une réserve marine à Shisiwani, mais sans structure de plongée établie à ce jour. Partout, on croise mérous, murènes, napoléons, perroquets, barracudas, tortues vertes et imbriquées, raies aigles et raies mantas, requins de récif et bancs de dauphins.

Il faut le dire franchement : les Comores restent une destination d'aventure. On y accède par un seul aéroport international, à Moroni, et les liaisons intérieures se font en petit avion ou en vedette. Le pays, indépendant depuis 1975, a connu une histoire politique agitée et ses infrastructures médicales sont très limitées, au point qu'une évacuation sanitaire est souvent nécessaire en cas de pépin. Les autorités françaises appellent à la vigilance renforcée. On y vient pour la rareté, les baleines de la saison sèche et le frisson de plonger là où sommeille le plus vieux poisson du monde, en préparant son voyage avec soin.

Conditions mensuelles

Visibilité (m)

22Jan
22Fév
25Mar
30Avr
35Mai
38Juin
40Juil
40Août
40Sep
38Oct
30Nov
25Déc

Précipitations (mm)

300Jan
320Fév
300Mar
250Avr
120Mai
80Juin
70Juil
60Août
55Sep
90Oct
180Nov
280Déc
Quand partir

Quand plonger aux Comores ?

Les Comores vivent au rythme de deux moussons. Le kusi, la mousson sèche du sud-est, souffle de mai à octobre : c'est la meilleure saison de plongée, avec une mer plus maniable, une bonne visibilité, souvent de trente à quarante mètres, et une eau qui descend autour de vingt-quatre degrés en août et septembre. C'est aussi la fenêtre des baleines à bosse, qui remontent mettre bas d'août à novembre. Le kashkazi, la mousson chaude et humide du nord-ouest, règne de novembre à avril : l'eau grimpe à vingt-huit ou vingt-neuf degrés, mais les pluies sont fortes, la visibilité plus variable, et c'est la période, rare, où un cyclone peut passer.

La meilleure combinaison va donc de la fin de la saison sèche au début du printemps austral, d'août à novembre : eau encore agréable, mer calme et présence des baleines. Une combinaison de 3 millimètres suffit la plupart du temps, un peu plus épaisse au coeur du kusi quand l'eau fraîchit. Les raies mantas se voient surtout d'avril à novembre.

Vie marine

Faune marine observable

Cliquez sur une photo pour l'agrandir, ou sur le nom pour ouvrir la fiche de référence.

JFMAMJJASOND
DugongDugong dugonFiche DORIS FFESSM
Très rare
CœlacantheLatimeria chalumnaeFiche Fishipedia
Très rare
Baleine à bosseMegaptera novaeangliaeFiche DORIS FFESSM
Rare
Raie manta de récifMobula alfrediFiche DORIS FFESSM
Rare
Requin gris de récifCarcharhinus amblyrhynchosFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Tortue imbriquéeEretmochelys imbricataFiche DORIS FFESSM
Peu commun
NapoléonCheilinus undulatusFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Requin pointe blanche de récifTriaenodon obesus
Peu commun
Langouste peintePanulirus versicolorFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
Commun
DauphinDelphinus delphisFiche DORIS FFESSM
Commun
Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
Commun
Poisson-perroquetScaridaeFiche DORIS FFESSM
Commun
Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
Commun
Murène javanaiseGymnothorax javanicusFiche DORIS FFESSM
Commun
DugongDugong dugonFiche DORIS FFESSM
Très rare
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CœlacantheLatimeria chalumnaeFiche Fishipedia
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Baleine à bosseMegaptera novaeangliaeFiche DORIS FFESSM
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Raie manta de récifMobula alfrediFiche DORIS FFESSM
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Requin gris de récifCarcharhinus amblyrhynchosFiche DORIS FFESSM
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Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
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Tortue imbriquéeEretmochelys imbricataFiche DORIS FFESSM
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NapoléonCheilinus undulatusFiche DORIS FFESSM
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Requin pointe blanche de récifTriaenodon obesus
Peu commun
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Langouste peintePanulirus versicolorFiche DORIS FFESSM
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Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
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DauphinDelphinus delphisFiche DORIS FFESSM
Commun
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Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
Commun
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Poisson-perroquetScaridaeFiche DORIS FFESSM
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Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
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Murène javanaiseGymnothorax javanicusFiche DORIS FFESSM
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> 60%
30-60%
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Sites célèbres

Sites de plongée célèbres aux Comores

Banc Vailheu

Grande Comore (Ngazidja)

À une vingtaine de kilomètres au large de Grande Comore, un volcan sous-marin dont le sommet remonte à une dizaine de mètres de la surface avant de plonger en tombant. Requins-marteaux, requins à pointe blanche et thons y patrouillent. Site exposé, parcouru de courants, réservé aux plongeurs expérimentés, rejoint en bateau depuis la côte ouest.

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Plateau d'Itsandra

Grande Comore (Ngazidja)

Au large de la plage d'Itsandra, près de Moroni, un plateau corallien peu profond, de quatre à quinze mètres, qui bascule sur d'anciennes coulées de lave et glisse jusqu'à une soixantaine de mètres. Poissons de récif, tortues et reliefs volcaniques dans une eau calme, un site accessible à tous les niveaux et idéal pour la formation.

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Tombant de Mungania

Grande Comore (Ngazidja)

Sur Grande Comore, un mur vertical d'origine volcanique qui plonge au-delà de soixante mètres, percé de passages étroits et tapissé de corail noir et de gorgones. Les courants peuvent y être soutenus, ce qui en réserve l'exploration aux plongeurs expérimentés, pour une plongée profonde et engagée.

Salimani

Grande Comore (Ngazidja)

Sur la côte ouest de Grande Comore, une plongée du bord depuis le village de Salimani, avec une courte nage jusqu'à un ancien mouillage semé de vieilles ancres, vers quinze à vingt mètres. Un site facile par mer calme, apprécié pour son ambiance et sa faune de récif.

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Chindini

Grande Comore (Ngazidja)

À la pointe sud de Grande Comore, un secteur de récifs et de fonds de lave qui sert aussi de point de départ en vedette vers Mohéli. Eaux claires et reliefs volcaniques, à combiner avec la traversée vers le parc marin voisin.

Magic Rocks

Mohéli (Mwali) et son parc marin

À quelques minutes de bateau du lodge de Mohéli, deux grands pinacles couverts de corail, avec une zone sableuse d'initiation et un tombant vers vingt mètres. Tortues vertes et imbriquées, langoustes, seiches et poissons-danseurs espagnols, un site riche que l'on plonge aussi de nuit.

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Bird Island (Mchaco)

Mohéli (Mwali) et son parc marin

À la pointe d'un îlot de Mohéli ouvert sur le grand large, le site le plus engagé du secteur, balayé de courants. Requins à pointe blanche et requins gris de récif, napoléons, thons, carangues et barracudas, avec de grandes tortues vertes. Réservé aux plongeurs expérimentés, à une profondeur de dix à quarante mètres.

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Récif du lodge de Mohéli

Mohéli (Mwali) et son parc marin

Le récif maison, face au lodge, accessible du bord ou en quelques minutes de bateau. Prairies d'algues et petits coraux, un paradis de la macro : tortues, poissons-scorpions et poissons-pierres, poissons-chauves-souris, poulpes, calamars et poissons-crocodiles, dans deux à vingt mètres d'eau. Idéal pour débuter et pour la photo.

Infos pratiques

Organiser sa plongée aux Comores

On rejoint les Comores par l'aéroport international Prince Said Ibrahim, à une vingtaine de kilomètres de Moroni, sur Grande Comore. Les liaisons directes se font depuis quelques plaques régionales, Addis-Abeba, Nairobi ou Dar es Salaam, à combiner avec un vol long-courrier. Entre les îles, on circule en petit avion domestique et en vedette rapide, Chindini, à la pointe sud de Grande Comore, servant de point de départ vers Mohéli. Le visa s'obtient à l'arrivée pour toutes les nationalités, mais les modalités changent, mieux vaut les vérifier avant de partir.

La plongée s'organise autour de deux centres. Grande Comore a un club installé à Itsandra, près de Moroni ; Mohéli plonge depuis le lodge situé dans le parc marin. Anjouan, à ce jour, n'a pas d'opérateur de loisir établi. Les sites côtiers, comme le plateau d'Itsandra, le récif du lodge de Mohéli ou les pinacles de Magic Rocks, sont calmes et accessibles dès le niveau débutant. En revanche, le banc Vailheu, la pointe de Bird Island à Mohéli et le tombant de Mungania sont exposés aux courants et réservés aux plongeurs expérimentés. Les structures restant modestes, il est prudent de confirmer l'ouverture des centres et l'état des formations avant de réserver.

Un mot de prudence, sans détour. Les Comores sont un pays fragile, à l'histoire politique mouvementée et aux moyens médicaux très limités, sans structure adaptée sur Anjouan ni Mohéli. Le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères classe le pays en vigilance renforcée et recommande d'arriver par avion plutôt que par la mer. On y voyage donc en connaissance de cause, avec une bonne assurance couvrant l'évacuation sanitaire, en soignant ses profils de plongée loin de tout caisson de recompression.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la plongée aux Comores

Non, pas en plongée de loisir. Aux Comores, le cœlacanthe vit entre cent cinquante et sept cents mètres de fond, dans les grottes de lave des pentes de Grande Comore, bien au-delà de toute plongée classique. On l'appelle ici gombessa, un nom que le plongeur et biologiste Laurent Ballesta a repris pour ses expéditions : en 2013, il a compté parmi les premiers à photographier le fossile vivant, au terme de plongées profondes à cent vingt mètres, mais au large de l'Afrique du Sud, où une population se tient un peu moins profond. Aux Comores, le cœlacanthe reste un emblème et un patrimoine, protégé dans un parc national, pas une plongée que l'on peut faire.