Le Koweït occupe le fond du golfe Persique, à la pointe nord d'une mer déjà peu profonde et chaude. Sa côte, plate et souvent trouble, ne se prête guère à la plongée : c'est au large, autour de quelques îles, que se joue tout l'intérêt sous-marin du pays. La discipline y reste confidentielle, affaire de résidents et de deux ou trois clubs installés de longue date, mais elle repose sur des sites bien réels et étonnamment vivants pour une mer aussi rude.
La vedette, c'est l'île de Kubbar, à une trentaine de kilomètres au large. Autour de cet îlot sableux, un anneau de récifs coralliens forme le plus beau jardin sous-marin du pays : des colonies de corail adaptées aux conditions extrêmes du Golfe, des bancs de poissons de récif, des tortues et des raies, dans une eau bien plus claire qu'à la côte. C'est la plongée que tout le monde fait en premier, accessible et gratifiante, en sortie bateau à la journée.
Plus au sud, deux autres îles complètent le tableau : Qaru, la plus méridionale, et Umm al Maradim, un peu plus au large et dans une eau plus profonde. On y trouve des récifs et des tombants réputés pour les raies et pour la présence de plus gros poissons. Ces sorties, plus engagées, s'adressent aux plongeurs autonomes et habitués du bateau. Les îles koweïtiennes sont aussi des sanctuaires pour les tortues, notamment l'imbriquée, qui vient y pondre.
Il faut aborder le Koweït pour ce qu'il est : une petite destination de curiosité, sans épave célèbre ni tombant vertigineux, mais avec de vrais jardins de corail et une faune de golfe attachante. La saison se limite à la belle période, d'avril à octobre, quand l'eau se réchauffe ; l'hiver, elle descend bas pour la région et la plongée se raréfie. C'est une plongée sincère, pour qui veut sortir des sentiers battus et découvrir une facette méconnue du Golfe.