Plongée au Qatar
Plongée

Plonger au Qatar

Le Qatar n'est pas une destination de plongée classique, et c'est justement ce qui le rend intrigant. Cette petite péninsule du golfe Persique baigne dans une mer peu profonde, chaude et souvent trouble, où la plongée se joue surtout sur des récifs artificiels et quelques épaves posées au large de Doha. Mais le pays cache un secret que la science a révélé au monde : à quatre-vingt-dix kilomètres au large, autour du champ pétrolier d'Al Shaheen, se rassemble l'une des plus fortes concentrations de requins-baleines de la planète. Chaque été, des centaines de géants viennent s'y nourrir, un spectacle rare et strictement encadré que l'on observe en apnée, pas en bouteille.

Requins-baleines d'Al ShaheenM/O WreckRécifs artificielsÎle de HalulNew Club ReefGolfe PersiqueTortuesPlongée accessible
Points forts

Pourquoi plonger au Qatar ?

  • Au large du champ pétrolier d'Al Shaheen, à quatre-vingt-dix kilomètres des côtes, se rassemble chaque été l'une des plus fortes concentrations de requins-baleines au monde, décrite dès 2013 par une étude scientifique : les géants s'y nourrissent des pontes de poissons, un phénomène que l'on observe en apnée dans une zone protégée et strictement encadrée.
  • L'épave dite M/O Wreck, une ancienne barge posée par une vingtaine de mètres de fond près d'une plateforme au large de l'île de Halul, est la plongée profonde emblématique du Qatar, couverte de coraux mous et fréquentée par les bancs de poissons.
  • Faute de vrais récifs coralliens développés, le Qatar a immergé des récifs artificiels au large de Doha, comme le New Club Reef et ses blocs de béton ou le GMC et ses carcasses de véhicules, devenus des oasis de vie idéales pour la formation et la plongée de nuit.
  • L'île de Halul, base pétrolière au nord-est de Doha, concentre les meilleurs fonds naturels du pays, des tombants et des patates coralliennes plus riches et plus clairs que la côte, rejoints en bateau lors de sorties à la journée.
  • Le golfe Persique est une mer extrême, peu profonde et parmi les plus chaudes du globe : sa faune, tortues vertes et imbriquées, raies, murènes, mérous et barracudas, s'est adaptée à des conditions que peu d'espèces supportent, ce qui en fait un terrain d'observation singulier.
Présentation

Plonger au Qatar : l'essentiel

Le Qatar est une péninsule plate et désertique qui s'avance dans le golfe Persique, entre l'Arabie saoudite et le détroit d'Ormuz. Sa mer est à son image : peu profonde, chaude, souvent chargée de sédiments, aux antipodes des eaux limpides de la mer Rouge voisine. La plongée y est longtemps restée confidentielle, affaire de quelques centres de Doha et d'une communauté de résidents. Elle existe pourtant bel et bien, portée par des clubs installés dans la capitale, et elle a ses atouts propres, à commencer par une accessibilité qui en fait un bon terrain de formation.

L'essentiel de la plongée se pratique au large de Doha et de l'île de Halul, base pétrolière posée au nord-est de la capitale. Faute de barrière de corail, le pays a misé sur les récifs artificiels : des structures de béton, des carcasses de véhicules et de petites épaves ont été immergées pour créer des oasis de vie sur des fonds sableux, comme le New Club Reef ou le GMC. Ces sites peu profonds, poissonneux et faciles d'accès sont parfaits pour se former, faire de la photo macro ou plonger de nuit. Plus au large, autour de Halul, on trouve les meilleurs fonds naturels et la plongée profonde emblématique du pays, l'épave M/O Wreck, une barge posée près d'une plateforme par une vingtaine de mètres.

Mais la singularité du Qatar est ailleurs, à quatre-vingt-dix kilomètres des côtes, autour du champ pétrolier d'Al Shaheen. Là se rassemble chaque été l'une des plus fortes concentrations de requins-baleines connues au monde, un phénomène révélé par la recherche scientifique au début des années 2010 : les géants viennent s'y gaver des pontes massives de poissons. C'est un rendez-vous à part, car la zone est protégée et son accès étroitement contrôlé : on ne plonge pas en bouteille avec ces animaux, on les observe en apnée, lors de sorties d'une journée organisées par un opérateur agréé. Il ne s'agit donc pas d'une plongée à proprement parler, mais d'une rencontre en surface exceptionnelle.

La faune du golfe Persique complète le tableau. Le golfe est une mer extrême, où l'eau frôle dix-neuf degrés en hiver et dépasse trente-trois au coeur de l'été : seules des espèces très tolérantes y prospèrent. On y croise des tortues vertes et imbriquées, des raies pastenagues et des raies aigles, des murènes, des mérous, des barracudas, des seiches et, avec de la chance, l'un des dugongs qui broutent les herbiers du golfe. Ce n'est pas la mer Rouge, et personne ne le prétend : c'est une plongée d'ambiance et de curiosité, sauvée par un phénomène naturel de portée mondiale.

Conditions mensuelles

Visibilité (m)

13Jan
15Fév
14Mar
12Avr
12Mai
10Juin
10Juil
10Août
12Sep
15Oct
15Nov
14Déc

Précipitations (mm)

8Jan
5Fév
8Mar
4Avr
1Mai
0Juin
0Juil
0Août
0Sep
0Oct
3Nov
6Déc
Quand partir

Quand plonger au Qatar ?

La saison de plongée court d'octobre à mai. C'est la période où l'eau redescend à des températures agréables, où la mer est la plus calme et où la visibilité, toujours modeste dans le golfe, est à son meilleur, de l'ordre d'une dizaine à une quinzaine de mètres sur les bons sites. L'hiver, de décembre à février, l'eau peut tomber autour de dix-neuf ou vingt degrés et une combinaison de 5 millimètres devient confortable.

L'été, de juin à septembre, la plongée reste possible mais l'expérience change du tout au tout. L'eau grimpe jusqu'à trente-trois ou trente-quatre degrés, une chaleur de bain, et l'air dépasse régulièrement quarante degrés à Doha, ce qui rend les préparatifs sur le pont éprouvants. C'est aussi la saison des efflorescences de plancton et des méduses, qui réduisent encore la visibilité. Paradoxalement, c'est la meilleure fenêtre pour le grand rendez-vous du pays : les requins-baleines d'Al Shaheen se rassemblent de mai à septembre, avec un pic en plein été. La pluie est quasi inexistante, quelques millimètres épars en hiver.

Vie marine

Faune marine observable

Cliquez sur une photo pour l'agrandir, ou sur le nom pour ouvrir la fiche de référence.

JFMAMJJASOND
DugongDugong dugonFiche DORIS FFESSM
Rare
Requin-baleineRhincodon typusFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Tortue imbriquéeEretmochelys imbricataFiche DORIS FFESSM
Peu commun
DauphinDelphinus delphisFiche DORIS FFESSM
Peu commun
SeicheSepia officinalisFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Poulpe de récifOctopus cyaneaFiche DORIS FFESSM
Peu commun
Raie pastenagueDasyatis pastinacaFiche DORIS FFESSM
Commun
Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
Commun
Poisson-perroquetScaridaeFiche DORIS FFESSM
Commun
Commun
Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
Commun
Murène javanaiseGymnothorax javanicusFiche DORIS FFESSM
Commun
DugongDugong dugonFiche DORIS FFESSM
Rare
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Requin-baleineRhincodon typusFiche DORIS FFESSM
Peu commun
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Raie aigleAetobatus narinariFiche DORIS FFESSM
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Tortue verteChelonia mydasFiche DORIS FFESSM
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Tortue imbriquéeEretmochelys imbricataFiche DORIS FFESSM
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DauphinDelphinus delphisFiche DORIS FFESSM
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SeicheSepia officinalisFiche DORIS FFESSM
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Poulpe de récifOctopus cyaneaFiche DORIS FFESSM
Peu commun
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Raie pastenagueDasyatis pastinacaFiche DORIS FFESSM
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Grand barracudaSphyraena barracudaFiche DORIS FFESSM
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Poisson-perroquetScaridaeFiche DORIS FFESSM
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Mérou oriflammeEpinephelus fasciatusFiche DORIS FFESSM
Commun
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Murène javanaiseGymnothorax javanicusFiche DORIS FFESSM
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> 60%
30-60%
< 30%
Absent
Sites célèbres

Sites de plongée célèbres au Qatar

M/O Wreck

Île de Halul et fonds du large

L'épave phare du Qatar : une ancienne barge posée par une vingtaine de mètres de fond près d'une plateforme, au large de l'île de Halul. Couverte de coraux mous, elle attire bancs de poissons, murènes et mérous. Plongée profonde emblématique du pays, en bateau, pour plongeurs déjà à l'aise, à une profondeur d'une vingtaine de mètres.

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Récifs de l'île de Halul

Île de Halul et fonds du large

Autour de l'île pétrolière de Halul, au nord-est de Doha, les meilleurs fonds naturels du pays : tombants et patates coralliennes plus riches et plus clairs que la côte, où défilent raies, tortues et bancs serrés. Rejoints en bateau lors de sorties à la journée, dans une eau plus limpide qu'à Doha.

New Club Reef

Doha et récifs artificiels

Un récif artificiel de blocs et de structures de béton immergé sur le sable au large de Doha, devenu une oasis de vie sur des fonds autrement nus. Peu profond et poissonneux, c'est un site de choix pour la formation, la photo macro et la plongée de nuit. Entrée en bateau, accessible aux débutants.

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GMC

Doha et récifs artificiels

Un récif artificiel formé de carcasses de véhicules et de structures immergées au large de Doha, colonisé par les poissons de récif, les murènes et la petite faune fixée. Peu profond et facile d'accès, apprécié des photographes et des plongeurs en formation. Plongée en bateau, sans courant marqué.

The Barge

Doha et récifs artificiels

Une petite barge immergée au large de Doha, posée sur le sable et devenue récif artificiel. Structure simple et peu profonde, riche en poissons, souvent utilisée pour la formation et les plongées d'initiation à l'épave. Plongée du bateau, dans une eau chaude et abritée.

Bancs d'Al Shaheen

Bancs d'Al Shaheen

À quatre-vingt-dix kilomètres au large, autour du champ pétrolier d'Al Shaheen, l'un des plus grands rassemblements de requins-baleines au monde, documenté par la science. On ne plonge pas ici : la zone est protégée et l'on observe les géants en apnée, l'été, lors d'une sortie encadrée par un opérateur agréé. Une rencontre en surface, unique dans le Golfe.

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Infos pratiques

Organiser sa plongée au Qatar

On rejoint le Qatar par l'aéroport international Hamad de Doha, l'une des grandes plaques tournantes de la région, d'où la capitale et ses centres de plongée sont tout proches. Les sorties se font en bateau à la journée depuis Doha, vers les récifs artificiels de la côte, l'île de Halul et les fonds du large. Le pays se prête bien à une escale plongée lors d'un voyage plus large dans le Golfe.

La plongée qatarie est en majorité accessible : les récifs artificiels peu profonds au large de Doha conviennent aux débutants et à la formation, avec un courant en général modéré. L'épave M/O Wreck, vers une vingtaine de mètres, et les sorties au large de Halul demandent un peu plus d'aisance et une expérience de la plongée en bateau. Les brevets internationaux courants sont reconnus par les centres de Doha.

Deux points méritent l'attention. D'abord, avec les requins-baleines d'Al Shaheen, on ne plonge pas en bouteille : la zone est un sanctuaire protégé, l'accès est réglementé et l'observation se fait en apnée, uniquement via un opérateur agréé, lors d'une sortie dédiée. Ensuite, le golfe est une mer chaude et peu profonde à la visibilité variable : mieux vaut adapter ses attentes, privilégier la saison fraîche et soigner ses profils, les structures de recompression étant rares dans la région. Comme partout dans le Golfe, on respecte les usages locaux, tenue couvrante à terre, et l'on prévoit une bonne assurance plongée.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la plongée au Qatar

On peut les observer, mais en apnée et non en bouteille. Le rassemblement d'Al Shaheen, à quatre-vingt-dix kilomètres au large, est une zone protégée et strictement encadrée : l'accès se fait uniquement via un opérateur agréé, lors d'une sortie d'observation en surface. C'est l'une des plus fortes concentrations de requins-baleines au monde, documentée par la science, mais ce n'est pas une plongée sous-marine à proprement parler.