Oman étire ses côtes sur plus de 3 000 kilomètres, de l'entrée du golfe Persique à la frontière du Yémen. Cette immense façade maritime se lit en trois grands ensembles, chacun avec sa mer, sa faune et son caractère. Le plus accessible se trouve face à Mascate, la capitale : les îles Daymaniyat, un chapelet de neuf îlots posés dans le golfe d'Oman, à une trentaine de kilomètres de la côte. Classées réserve naturelle depuis 1996 (la première du sultanat), elles concentrent l'essentiel de la plongée récifale du pays, avec des jardins de coraux, des murs poissonneux et une eau généralement chaude et claire de l'automne au printemps.
Les Daymaniyat sont surtout connues pour un rendez-vous saisonnier : les requins-baleines. De juin à novembre, avec un pic marqué d'août à octobre, ces géants inoffensifs viennent se nourrir des efflorescences de plancton qui enrichissent alors les eaux, parfois en petits groupes. La même remontée d'eau qui les attire réduit un peu la visibilité, mais offre des plongées vivantes, avec tortues vertes et imbriquées en nombre, raies, murènes tachetées et bancs serrés. La réserve est strictement encadrée : le débarquement sur les îles est interdit une partie de l'année pour protéger la nidification des oiseaux et des tortues, tandis que la plongée alentour reste possible.
Tout au nord, séparée du reste du sultanat par le territoire émirati, la péninsule de Musandam garde l'entrée du détroit d'Ormuz. Ses montagnes tombent à pic dans une mer taillée en profonds bras de mer, les khors, ce qui lui a valu son surnom de Norvège ou de fjords d'Arabie. On y plonge le plus souvent depuis un boutre traditionnel, dans une ambiance de bout du monde. Les courants, parfois soutenus, brassent une eau riche : Lima Rock, le site le plus réputé, déroule ses tombants, ses passages et ses grottes où défilent tortues, raies aigles, thons, barracudas et requins à pointes noires. C'est la plongée la plus musclée et la plus pélagique du pays.
Enfin, loin au sud, la région du Dhofar et les îles Hallaniyat baignent dans la mer d'Arabie, ouverte et sauvage. C'est ici que vit l'une des curiosités biologiques de la planète : une population de baleines à bosse qui ne migre pas, restée génétiquement isolée dans la mer d'Arabie, observable de préférence en février et mars. Les Hallaniyat abritent aussi l'épave du City of Winchester, un vapeur marchand britannique d'environ 140 mètres capturé puis coulé en août 1914, considéré comme le premier navire marchand britannique perdu de la Première Guerre mondiale, reposant vers 30 mètres. Attention toutefois : de juin à septembre, la mousson d'été, le khareef, balaie le Dhofar de vents, de houle et de brume, et la plongée y est alors quasi impossible.